Toi aussi, élève un lemming, agis pour la société de demain, une société évidemment formatée sinon c'est pas rigolo pour le commerce.

Non, non, je n'ai rien fumé de bizarre, je vous rassure.


Ceci étant posé, et parce que j'ai entendu un chuchotis au fond de la toile : qu'est-ce qu'un lemming ?
Le lemming est un ravissant petit rongeur qui vit en Arctique, qui fait avec tous ses copains d'immenses migrations (il a le goût du trek le lemming), et qu'on dit souvent pratiquer le suicide de masse. Ce dernier point est faux, pure exagération, cependant le lemming a parfois les yeux plus gros que les pattes et s'attaque à des cours d'eau ou des bras de mer qu'il ne peut vaincre, et donc fatalement le lemming se noie. Or quand un lemming plonge, tous les lemmings plongent. Et donc pour un lemming noyé, on aboutit au dit suicide de masse.
Le lemming, c'est un peu comme un mouton, mais en plus petit en fait. Et en plus mignon aussi. Mais pas en plus con.

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Le lemming ici, c'est nos chères têtes blondes.
Le milieu hostile, c'est le milieu de l'édition enfantine, tendance marketing genré, revu et corrigé façon simplification à l'extrême au cas où les lecteurs seraient un peu con (contrairement aux lemmings).

Pour celles qui sont un peu vieilles quand même, comme moi quoi, vous vous souvenez certainement des livres de la Bibliothèque Verte et de la Bibliothèque Rose ? Moi oui. J'en ai lu pas mal dans ma prime jeunesse, et j'ai toujours des souvenirs émus du Club des Cinq notamment, de Fantômette, de Nancy Drew... A ma lointaine époque, le Rose c'était pour les plus jeunes, le Vert pour les ados.

Maintenant, tagada tsoin tsoin, le Rose c'est pour les FILLES (mais les vraies hein) et le Vert, c'est pour les garçons (les mâles, les vrais).

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Parce qu'il ne faudrait pas trop déconner avec ces histoires de genres hein. Si les filles ne sont plus des "vraies filles" (comprendre : des vraies nunuches qui préfèrent les paillettes, les princesses et l'amour) et les garçons ne sont plus des "vrais mâles" (comprendre : des vrais machos qui préfèrent la castagne, les super héros et le foot), c'est tout le monde du marketing qui s'écroule. C'est la consommation qu'on assassine.


Bref, c'était mon coup de gueule de vieille conne, qui non seulement trouve très con de virer tous les classiques qui ont fait une bonne partie de mon plaisir de lire d'enfant (ils sont relégués dans une sous-sous-rubrique de la version Rose), parce que je comptais bien les faire découvrir aux miens, d'enfants, et qui en plus trouve absolument lamentable ce coup de brushing marketing. Lamentable et très très con.


Et en ce qui concerne les lemmings, si vous voulez lire à votre enfant un superbe livre qui parle (entre autres) d'un lemming, une histoire un peu philosophique à la Paolo Coelho mais version accessible aux plus jeunes, je vous conseille un autre très bon souvenir, que j'ai précieusement gardé pour ma fille (rangé à côté de Tistou les pouces verts) : "Moi, un lemming", d'Alan Arkin, ainsi que la suite, "La clairière". C'est tendre, profond, ça aborde plein de questions que se posent les enfants et dont nous n'avons pas forcément les réponses...

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B.

Source : http://filledalbum.wordpress.com/2014/05/21/quand-le-marketing-genre-sinvite-dans-les-collections-de-notre-enfance-vive-les-stereotypes-8/