Ma vie est faite de couleurs. Une palette aux nuances différentes.

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Le bleu profond des yeux de ma fille. Le marron chaleureux de ceux de mon fils. Le turquoise falsifié de mes lentilles colorées.

Le lundi est orange, comme l'aurore que j'aperçois en rentrant de ma nuit de travail. Rentrer à pas feutrés, servir le petit déjeuner, réveiller les troupes, conduire chérie-les-grands-yeux-bleus à l'école. Lorsque les lueurs orangées disparaissent, il est temps de se coucher. Cocon de douceur, j'aime bien l'orange.

Le mardi est jaune. D'un jaune vif appelant la joie et la bonne humeur. Le deuxième jour de congé. Les enfants avec moi. Pas de nuit de travail, que des moments passés ensembles. Un peu de temps pour moi.

Le mercredi est rouge. Vif. Agressif. Pressant. Précis. L'heure de se remettre en mouvement. De ranger et nettoyer avant d'attaquer les nuits de travail. De donner de son temps aux yeux bleus et marrons, de donner de sa personne avant de disparaître la nuit, cinq fois sur la semaine.

Des nuits roses, des nuits blacklight, couleurs néons bleutés, teintées de champagne. Des bulles, des paillettes qui éclatent, une autre personne qui entre en scène. De noir vêtue, pour le glamour. Du noir sur les yeux, pour approfondir le regard artificiel. Du rouge sur les lèvres, promesse silencieuse.

Parfois les couleurs se mélangent. Le mercredi devient orange, congé inattendu, éclaircie. Le mardi devient rouge, retour précoce des nuits aux couleurs si peu naturelles.

Tout se met à tourner, les couleurs se mélangent, le souffle se fait court, la nausée s'annonce. Je ne demande qu'un peu de blanc, immaculé, signe de tranquillité.


Et je repense à mon adolescence gris foncé. Aux dépressions et à la mélancolie.
A mon entrée dans la vie adulte, tellement grise qu'elle semblait sale et vieillie.

Et ce monde de couleur, qui ne me laisse aucun répit, recommence à m'enchanter...


Quatre