Vous avez beau être psychothérapeute, vous avez beau être connu mondialement, vous avez beau avoir vendu des milliards de livres, ça me laisse de marbre.


Déjà à l’époque quand le « premier » de vos ouvrages était sorti et avait fait un tabac sur le marché littéraire (et notamment auprès des femmes), je ne la sentais pas cette histoire là. Rien que le titre accrocheur qui était sur toutes les lèvres me laissait sceptique : « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ». Mouais. Vous aviez été le chercher loin celui-là… Traduit en 40 langues, vendu à 40 millions d’exemplaires…. Solution universelle et plus solitaire que le dialogue à l’éternelle incompréhension homme/femme qu’on nous vend depuis la nuit du marketing. Et pourtant à l’époque, jeune et insouciante, j’étais loin d’être la féministe convaincue que je suis aujourd’hui. Mais ça fleurait un je-ne-sais-quoi un peu purin tout de même.

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Je passe sur la suite de votre carrière littéraire (je forcis le trait volontairement, vous êtes à la psychologie ce que Mary Higgins Clark est au roman noir), prolixe, très prolixe même, avec des adaptations en spectacles et tutti quanti. On va dire que le point positif, c’est que vous vous êtes fait des couilles en or. Tant mieux pour vous, le jour où le bon sens sera plus vendeur que les théories fumeuses, vous aurez de quoi couler une retraite plaquée or 18 carats.


Hier je suis tombée un peu par hasard sur un article du Républicain Lorrain (qui devait avoir du remplissage à faire), dans lequel vous relatiez votre avis sur la déliquescence actuelle de l’Amour dans notre société. Je savais déjà que vous étiez essentialiste, c’est votre droit, mais là enfin, au détour de ces quelques lignes, vous avez montré votre vrai visage patriarcal et masculiniste à souhait. L’Amour, s’il est moribond, c’est la faute de la pornographie sur Internet et du féminisme.

« Quand le sexe se fait impersonnel, cela entraîne à l’addiction au sexe » (mmm, ou alors c’est juste qu’on aime le sexe non ?)

Ou encore sur les sites de rencontre entre adultes libertins et libertaires : « c’est le même style de pornographie » (oui, le sexe c’est sale, et encore plus si c’est hors mariage)

Mais ça à la rigueur, c’est votre côté puritain, ma foi, ce n’est pas un crime. Un missionnaire le samedi à 21h et zou on est bon pour la semaine. Là où je vois un peu cramoisi par contre, c’est quand je lis ça :
« S’il y a autant de divorces, c’est que le féminisme vante l’indépendance des femmes. Je suis très content que les femmes aient plus d’indépendance, mais quand on va trop loin, qui est à la maison ? ».

Et bam. Les chiens sont lâchés, la caravane passe, l’ange aussi, et vos théories sur les différences fondamentales homme/femme et comment accepter cette différence engendre l’harmonie dans le couple (forcément, femme soumise, homme domine, retourne faire la vaisselle chérie, et puis avec ma Mont-Blanc pistache je prendrais bien une petite pipe après si tu t’es lavé les dents…) apparaissent enfin pour ce qu’elles sont : puantes.

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Ben oui tiens. Si la femme prenait son envol, osait revendiquer sa vie, les maisons seraient laissées à vau-l’eau, et Robert pourrait se la carrer bien loin derrière l’oreille, c’est toute la société qu’on assassine quoi, merde alors ! Non parce que si l’on en croit ce genre de torchon, les femmes ne savent pas lire des cartes routières ni changer une roue (et là j’ai envie de dire, faudrait déjà passer le mot que pour changer une roue y’a pas besoin d’avoir la raie apparente et de sentir le gazoil), les hommes sont naturellement incapables de faire la vaisselle et préparer autre chose à bouffer qu’une commande à emporter.


Magie de l’essentialisme et du masculinisme combinés. La femme ne peut vivre sans l’homme, ni l’homme sans la femme, mais surtout que la femme gère le foyer, et de préférence y reste. Bah oui quoi, c’est sa place, faut pas pousser Mémé, elle risquerait de se casser le col du fémur. Et le féminisme, c’est caca. Tendance bouse. Et en plus ça fait chuter les ventes. Tu m’étonnes !


Et sinon, on peut aussi jeter ce genre de pseudo-guides à la poubelle, ou ne pas les acheter, ils ne contiennent RIEN à part les convictions intimes de leurs auteurs, et ne sont foutrement pas destinés à vous faire « évoluer » sur le plan personnel, au contraire, ils sont là pour vous enfermer. Parce que soyons honnête, ce qui motive leurs auteurs, c’est de faire du chiffre. Et d’écrire toujours plus de bibles de développement personnel. Tout en vous maintenant sous coupe. Pour le reste, pour connaître un autre représentant de l’espèce humaine, qu’il ait des seins ou des couilles, rien ne vaut le dialogue, le feeling, et un mojito.


B.


PS, messieurs, si vous nous lisez, cette analyse vaut aussi pour tous les guides qui fleurissent sur internet pour vous aider à « serrer » facilement n’importe quelle fille avec des techniques de drague toutes plus lourdes , vulgaires, voire borderline harcèlement tendance menace de viol. En les appliquant, au mieux vous rentrerez seul astiquer Popol, au pire vous rentrerez seul avec Popol en écharpe et les roubignoles remontées au niveau de la vessie. La première base d’une relation, c’est le respect , de soi et de l’autre.


Source : http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2014/06/19/feminisme-et-internet-mettent-l-amour-a-mal