Je vous annonce officiellement que je suis une mère poule, permissive, protectrice, inquiète, flippée, potentiellement créatrice d’« enfant roi », de « p’tit con » et en plus j’assume !

J’assume au bout de maintes années à cacher mon « vice » car c’était mal vu, interprété par mon compagnon, ma famille, le corps médical, la caissière de carrouf et par bibi, moi.

Je me suis perçue pendant longtemps comme une mère désaxée. En effet, ce besoin d’être au plus près de mon enfant m’était inconnu et on ne m’avait pas avertie que cet amour serait aussi prenant.

A l’approche de reprendre le boulot, j’ai vécu un réel trauma à devoir laisser mon petit de 2 mois ½ à la crèche. Là, des bonnes âmes se sont empressées de me sortir que :

-« c’était mieux pour lui, pour moi »

- « j’allais pouvoir me soucier uniquement de ma personne »

Et le final fatal : « il allait pouvoir se sociabiliser ! »

Dorothea Lange. "A Destitute Mother: The Type Aided by the WPA"

Loin de moi l’idée d’imposer quelque façon de faire aux autres mamans, je voudrais juste qu’on les écoute.

Que l’on arrête de sortir toutes ces foutaises qui font partie du redoutable package du « conseiller ès nouvelles mères ». C’est une soupe infâme que ces dites personnes ont subi en devenant parents ou qu’elles ont glané ici ou là dans des discussions, dans des articles en omettant totalement le facteur premier : l’empathie !

Derrière cet être à éduquer sur son nouveau statut, se cache une personne totalement différente de soi. Riche d’expériences, d’une histoire qui nous est inconnue, quand bien même elle serait notre meilleure amie.

J’en reviens maintenant égoïstement à moi. Car c’est à moi seule que je pense enfin après ces belles et quelquefois douloureuses années de parentalité.

Je ne me dérobe plus devant les « ligues éducatives » qui font les yeux ronds lorsque je leur avoue :

- que j’allaite « encore » mon bambin,

- que je pratique le «cododo » volontairement et pas par fatigue (stratagème que j’ai autrefois beaucoup utilisé !),

- que  je suis « anti-fessée », et pas «  laxiste »,

- qu’ils sont pas prêt d’aller en colo. Bah non, je ne serais pas là pour les protéger !

Et n’en déplaise aux féministes les plus extrémistes, je jouis avec délectation de mon congé parental et n’envisage pas de retravailler de sitôt !

Je vous vois venir avec vos gros sabots, vous allez me taxer, ô insulte suprême, de « maternante »,  hein ?! J’ai tapé dans le mille ?


Non, je pense juste que je suis à 30 balais quelqu’un de bien dans ses baskets, qui s’écoute enfin. Je n’ai plus besoin de coller aux attentes de la planète entière pour recevoir les « lauriers de la bonne mère ».

Ce que je vois surtout derrière ces injonctions serinées aux mamans, c’est le prolongement de l’idée que l’on se fait de la femme. Même devenue mère, elle est toujours plus sous tutelle ou curatelle renforcée de la société.

A loisir elle sera traitée de « mère incestueuse », de « mauvaise mère »,  de « mère autoritaire »,  « démissionnaire »,  « indigne », etc…

La liste est trop longue pour en dresser une !

Quid des pères, de leurs tares, leurs lacunes ?!


Lâchons la grappe aux mères, aux femmes en général, histoire qu’elles se trouvent, s’écoutent, sans chaperons de bonne conduite !

 

D.