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Préambule...

 

Avant, je me pensais pro-choix. J'étais juste pro-life, avec la tolérance qui me caractérise. Il aura fallu bon nombre d'IVG dans mon entourage plus ou moins proche pour devenir réellement pro-choix. Heureusement, le déclic s'est fait.

 

J'ai 23 ans. Deux enfants. Un nouveau copain depuis quatre mois, après 7 ans de relation. Une adolescence qui se réveille, des sorties, des beuveries, des fous rires.
Un test positif le 24 octobre. Des décisions, un accord sur l'AAD, une recherche de SF. Une grossesse = un bébé.
Un rendez-vous gyné, une échographie, un petit coeur qui bat.. Le sien. Le mien reste figé. Les émotions ne viennent pas.

 

Une situation d'équilibriste. Un seul salaire, le mien. Un copain très chouette mais probablement pas pour la vie. Un copain pro-life. Une grossesse = un bébé.

 

Des symptômes envahissants. Des nausées que je maudis. Une angoisse persistante : l'annoncer à mes enfants. Un ex-compagnon qui le fait pour moi. Une six-ans heureuse. Un deux-ans-et-demi qui ne comprend pas. Toujours pas de sérénité.

 

Une nouvelle semaine, un surnom : "le pois chiche". "Le" pois chiche, pas "mon" pois chiche. Une dispute conjugale, un gros stress, une echographie en urgence. Un coeur qui bat toujours. Toujours le sien. Le mien reste imperméable.

 

Une décision. L'avortement. Aucun pincement au coeur. Aucune culpabilité. Juste un immense soulagement. Et une sensation encore inconnue : celle de prendre une décision responsable, pour la première fois en 23 ans.

 

Une semaine de plus, un copain qui refuse d'admettre qu'il ne sera pas papa. Une dernière échographie. 2cm4. Un embryon sur un écran, pas un bébé dans mon ventre. Des caresses et des baisers sur le ventre, de la part du pas-futur-papa. Des injonctions à le garder, son entourage principalement. Des mots qui ne résonnent pas en moi. Des gens qui parlent de bébé alors que je pense "tas de cellule". Des personnes qui parlent de "prendre une vie" quand je parle de "règler un probleme" . Un entourage pro-life, qui pourrait faire de gros dégats, si je n'étais pas si sûre de moi. Aucune culpabilité. Guys, well done, but try again.

 

Un anniversaire. 40 ans. Il y a quarante ans, Simone Veil tenait son discours pro-avortement. Une émotion, de la reconnaissance. Merci Mme Veil, grâce à vous, je reste maîtresse de ma vie.

 

Une de mes meilleurs amies qui m'a partagé l'article. Qui est venue aujourd'hui, avec son téléphone. Un appel au planning familial. Une voix douce; une multitude d'information. Merci madame pour cette océan de douceur que vous m'avez fait ressentir. Un rendez-vous pris, un entretien pré-IVG et une consultation gynécologique lundi prochain. Une intervention possible une semaine après.

 

Encore un lundi, avant de reprendre en main ma vie.
Encore deux lundis, et tout sera (enfin) fini.

 

Quatre