Un paternalisme puant et dégoulinant.

Que j'ai pu observer moi-même. Chez mes parents. De ce genre de choses que l'on se rends compte qu'on a été finalement chanceux de ne pas l'avoir subi du temps où on y vivait encore.


Enfin, j'veux dire que je ne l'ai pas connu quoi.

Mon père était absent la moitié du temps, et même quand il était là, mis à part me demander où j'allais d'un air nonchalant, il était cool. Pas de contrôle des sorties, mais plutôt sur les horaires, «le-pas-rentrer-trop-tard». C'est tout. Mais jetais quand même enfermée, dans ma propre bulle. J'étais introvertie, donc je sortais peu au final. Et puis être l'aînée, impliquait chez nous, aider aux tâches de la maison et prendre soin des plus petits. Bref retour à la case départ.


Le père n'est pas en cause. Aujourd'hui encore, il est cool avec ses filles encore à la maison, trois dont deux de 13 et 16 ans.

Mais ce dont j'ai assisté il y'a quelques semaines chez mes parents, relève du surreel. Je me doutais bien, au vu de sa personnalité, qu'il pouvait être obtu, mais pas à ce point.

Je parle de mon petit frère, celui de 21 ans, qui vit encore là-bas.


Bon ca a commencé par un petit frère qui descend du premier étage avec un téléphone à la main.

Bref, il descend donc, fièrement, comme s'il avait chopé une prise intéressante. C'était celui de notre soeur de 13 ans. Et là il se met à lire un echange de texto qui a eu lieu entre ma soeur et une amie, sur son portable donc.

«Alors les amours ca en est où?»
«Hihi c'est en cours. Y'a un garçon qui me plait bien».

Ok, elle a 13 ans. Non, pas d'excuses en fait. Déjà rien que le fait de lire un échange privé en public m'a mis en rage. Puis voir ma soeur mis au pied du mur, obligée de se justifier, car le fait est que notre mère était là et approuvait cet acte.

Se justifier de penser aux garçons à son âge, sur la base d'un échange de textos.


Et moi qui riposte, assez durement, ainsi que mon autre soeur, de 16 ans, aussi agacée que moi. Mais il sourit parce qu'il est dans son droit, entre autre à cause de l'éducation macho qui prime au foyer et une mère qui approuve son attitude.

Mon autre soeur, elle, a su être maligne. Je suis affligée de dire ca mais elle a recours à des stratagèmes pour cacher les conversations avec les garçons et efface régulièrement ses textos avec eux.

L'orage passé sans trop d'encombres, car il en a surtout profité pour légitimer son autorité de flic envers ses petites soeurs, il est parti comme si de rien n'était. En rapellant au passage qu'il les a à l'oeil.


Sauf qu'il se leurre, les deux soeurs ayant désormais partagé leurs stratagèmes entre elles. Obligées de se cacher pour vivre, tout simplement. Ce n'est pas une victoire, mais un début de riposte commun. Dont seul moi a le secret d'ailleurs.


Combien de filles qui subissent un tel flicage, de la part du père, du frère, voire même de la mère, souvent avec l'approbation de tout les autres membres de la famille ?

Ca me dégoûte.


J'aimerais passer un message aux parents, aux frères : ne legitimez jamais ce genre d'attitude s'il est pratiqué par un membre de la famille. Ne demandez pas à vos aînés de fliquer vos filles. Ne demandez pas à vos hommes de veiller sur vos filles. Par pitié. C'est les enfermer dans une clandestinité, malgré elles.

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